Chronique d’une guerre annoncée : la monstrueuse vivisection de l’Inde

A Thoa Khalsa, 84 femmes avalent de l’opium et sautent, l’une après l’autre, dans un puits. Des musulmans occupent ce village du Pendjab en avril 1947, à quelques mois de la partition de l’Inde, et la tradition sikh veut que les femmes s’immolent quand les hommes ne sont plus là pour les défendre. Quatre d’entre elles survivront parce qu’il n’y a pas assez d’eau dans le puits pour les noyer toutes, mais les autres sont des « martyres ». En mourant, elles ont préservé l’honneur de la communauté.
Martyres aussi ces jeunes filles que leurs pères ont tuées, au sabre ou de leurs propres mains, pour éviter qu’elles ne soient enlevées, violées, converties à l’islam. Mangal Singh, avec ses deux frères, a tué 17 membres de sa famille, enfants, neveux. Dans Les Voies de la partition Inde-Pakistan, Urvashi Butalia recense les cruautés liées à ce chapitre de l’histoire indienne qui, soixante ans après, ronge encore le pays de remords et de chagrin.

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