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Airbus est-il en train de passer sous contrôle américain, avec l’assentiment d’Emmanuel Macron ?

Airbus prend le chemin de Technip. Selon Wikipedia, « Technip est (était) une entreprise d’origine française présente dans le management de projets, l’ingénierie et la construction pour l’industrie de l’énergie mais aussi accessoirement de la chimie ». Il faut retenir le terme « entreprise d’origine française » car il s’agit dorénavant d’une entreprise passée sous contrôle américain.

Comme l’indique l’excellente enquêtrice Martine Orange dans Médiapart https://www.mediapart.fr/journal/international/080817/letrange-strategie-de-john-harrison-lhomme-cle-de-defense-dairbus

En mai 2016, Thierry Pilenko, PDG de Technip, annonçait un mariage entre égaux avec l’américain FMC Technologies, bien que ce dernier soit trois fois plus petit que le français. Contre toute attente, Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie, refusa de prendre un décret de sauvegarde pour protéger le groupe, et BPI France, premier actionnaire de Technip, avalisa cette fusion contraire à ses intérêts, car il s’agissait « d’une opportunité ».

Cette affaire faisait suite à une accusation de corruption menée contre Technip par la justice américaine. Voir sur cette accusation, montée quasiment de bout en bout par les intérêts américains pour prendre le contrôle de Technip, l’article daté de juin 2016 de la même Martine Orange (Technip: l’Etat brade un nouveau groupe industriel et même ses intérêts financiers https://www.mediapart.fr/journal/economie/181116/technip-l-etat-brade-un-nouveau-groupe-industriel-et-meme-ses-interets-financiers?page_article=2 )

Or la même manœuvre est en train de se renouveler contre Airbus. Là encore des accusations de corruption sont en cours d’instruction actuellement, avec l’accord tacite de Tom Enders, PDG de Airbus, qui a toujours recherché des alliances avec les industriels américains aux dépends des salariés français principalement basés à Toulouse.

Comme l’indique Martine Orange : Les dirigeants d’Airbus sont comme tétanisés. Pendant des mois, ils étaient parvenus à minimiser l’affaire de corruption qui menace tout le groupe (voir notre enquête). Et ils pensaient bien qu’ils allaient pouvoir continuer à gérer ce dossier à l’abri des regards. Ils comprennent qu’ils ne le pourront plus : l’enquête judiciaire pour corruption menée conjointement par le Serious Fraud Office (SFO) et le Parquet national financier (PNF) est devenue publique. Elle est désormais un sujet de préoccupation majeure au sein des pouvoirs publics.

Ceux-ci sont en train découvrir tout, avec retard. Bien que la France et l’Allemagne soient à égalité (11 %) les deux premiers actionnaires du groupe aéronautique, Tom Enders n’a pas éprouvé le besoin, semble-t-il, d’informer l’Élysée et la chancellerie à Berlin dès le début des menaces qui pesaient sur le groupe. De la même manière, les personnes censées représenter l’État au conseil d’administration ne paraissent pas avoir pris la mesure de la situation ni donné l’alerte.

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