Nos bons amis les Yankees !

Le président Trump assistera au défilé du 14 juillet. Mais cela conférera-t-il un surcroît d’aura au nôtre ? Un coup de maître selon certains plumitifs porte-coton qui s’extasient devant le génie diplomatique de M. Macron, celui-ci s’apprêtant à faire coup double après la visite de Versailles organisé le 29 mai pour le président russe.

À la place de Trump, je me méfierais cependant. Les Champs Élysées ne portent pas toujours chance si l’on songe au détenu à perpétuité Hissène Habré invité d’honneur aux cérémonies du 14 juillet 1987 à l’initiative de François Mitterrand. Habré a depuis été condamné au Sénégal en avril 2017 à la réclusion à vie pour ses trop nombreux crimes. M. Sarkozy également bien inspiré, avait convié en 2008 le syrien Bachar el-Assad (dont on connaît les tribulations), ainsi que le Premier ministre israélien Ehoud Olmert (lequel vient tout juste d’être élargi après avoir purgé une peine d’emprisonnement pour concussion), et enfin le président égyptien Hosni Moubarak, un rescapé in extremis des Printemps arabes.

Le défilé 2017 célébrera officiellement le centenaire de l’entrée en guerre des États-Unis durant la Première Guerre mondiale. Une aide à ce point altruiste qu’il fut réclamé en 1918 à la France exsangue, quelque quatre milliards de dollars or. Le sacrifice de deux millions [1] de jeunes Français ne compta pour rien dans le marchandage, pas plus que les deux milliards déjà remboursés sous forme d’achats d’armes et de vivres effectués auprès du prêteur. Mais l’oncle Sam, notre bon allié, ne voulut rien savoir. Le Shylock américain ne lâcha rien. Quand à la veille de 1939 l’embargo sur les armes fut levé, la France du Front populaire, pour obtenir un avion devait mettre une tonne d’or cash sur la table ! En 1946, at last, la dette française fut partiellement consolidée et deux milliards finirent par passer par pertes et profits. Le solde fut finalement épongé par le plan Marshall destiné à redresser les économies européennes face à la menace soviétique et simultanément, à relancer l’industrie américaine non encore totalement remise de la crise de 29.

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