Une fin de l’état d’urgence… dans nos rêves

Commentaire: Il y a de plus en plus de lois pour protéger le citoyen des attaques terroristes, il y a de plus en plus de terrorisme. Les lois sont donc inefficaces. Mais les lois sont maintenues, et même renforcées. Diantre, se dit-on : si l’on risque de mourir toujours plus et si les terroristes terrorisent toujours plus, à quoi ça sert ? On réfléchit 2 minutes et l’on finit par comprendre que les attentats, la peur et la terreur sont une manne pour l’homme politique moderne. Du pain bénit, un trésor. Qui fournissent à nos dirigeants, donc, l’occasion de supprimer les libertés d’une populace dont ils se méfient viscéralement. C’est qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que celle-ci, un jour libre, heureuse, sereine, n’en viennent rapidement à réaliser que ses dirigeants sont inutiles, nuisibles et psychologiquement dérangés. En bons parasites sociaux qu’ils sont, prêts à tout pour que leur imposture ne soit pas découverte, les politiciens fabriquent un « état d’urgence ». Une expression qui semble traduire étrangement, de façon « souterraine », ce qui semble être finalement leur état d’esprit… acculé.

Pour l’Etat d’urgence qui ne sera sans doute jamais levé, ses causes immédiates et ses conséquences tout à fait concrètes :

Deux nouvelles mesures du gouvernement Macron contre le terrorisme : état d’urgence permanent ?
Et un p’tit coup d’État d’urgence re-re-re-re-renouvelé, un !
État d’urgence : une compulsion maladive de répétition
Etat d’urgence : bilan pitoyable, mensonges avérés
France : un état d’urgence étalé… sur une génération ?
État d’urgence : on en reprend pour 3 mois, 3 ans, 30 ans ?

Les dernières déclarations de l’Elysée suggèrent que l’état d’urgence ne serait pas renouvelé après le mois de novembre prochain. Promesse à la Pyrrhus, puisque, simultanément, est annoncée une énième révision de la législation antiterroriste et la migration de dispositions dérogatoires vers le droit commun.

L’inspiration de cette annonce revêt presque une dimension universelle, puisque, simultanément, Theresa May a annoncé que « si les lois de défense des droits de l’homme nous empêchent de le faire, nous changerons ces lois pour pouvoir le faire. »

Pourtant, notre nouveau Président de la République, dans son ouvrage Révolution, avait eu des mots encourageants pour nous convaincre que, plus que son prédécesseur, mieux que les autres, il avait perçu la dimension perverse du piège tendu par les terroristes, c’est-à-dire nous contraindre, à bas-bruit et sournoisement, à saborder nos principes et brimer nos valeurs, en sacralisant l’exception. Le projet de loi qui se dessine, inédit dans sa portée liberticide, contredit sévèrement cette intuition. Il suppose l’extraction vers le droit commun de dispositions contenues dans la loi de 1955 relative à l’état d’urgence ayant vocation à demeurer exceptionnelles car temporaires et, avec elles, leur inefficacité et leurs effets toxiques en primes.

Le piège se referme en effet peu à peu et ce alors même que, sans impact sur cette opinion publique vitrifiée, se succèdent les avis de la Commission consultative des Droits de l’homme, les rapports parlementaires critiques, des prises de parole évidemment discrètes des hauts-fonctionnaires des services de sécurité de l’Etat. Tous relèvent unanimement le caractère inefficace, voire contreproductif de l’état d’urgence mais demeurent étrangement inaudibles.

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